La démographie de la profession vétérinaire

Dans cet article, nous vous proposons d’explorer ensemble l’évolution de la démographie des vétérinaires en France. En passant de la formation des étudiants à l’activité des vétérinaires en zone rurale ainsi qu’à la féminisation de la profession, nous essaierons de comprendre ce que nous réserve l’avenir de la profession ainsi que d’anticipé sa transformation.

La formation

Commençons par la formation. En France nous possédons 4 écoles nationales vétérinaires certifiées (*Données atlas démographique 2017) :

  • ENVA (Alfort → 3 689 vétérinaires diplômés), *
  • ENVT (Toulouse → 3 447 vétérinaires diplômés), *
  • Vetagro Sup (Lyon → 3 043 vétérinaires diplômés), *
  • Oniris (Nantes → 2 797 vétérinaires diplômés). *

Cela représente un total de 12976 vétérinaires issus de la formation française. Néanmoins, là où ces informations sont intéressantes, c’est qu’au total nous comptons 18 149 vétérinaires en France et ce nombre est en constante augmentation.

Vous pourrez ainsi vous dire d’où viennent ces 5 173 nouveaux vétérinaires ? Pour la majorité ils sont Français (60,5% d’entres eux) et ont choisi un autre pays pour obtenir ce diplôme. En France, 20,5 % des vétérinaires inscrits à l’ordre ont obtenu leur diplôme en Belgique. Le choix de la Belgique s’explique par une politique des quotas qui permet encore à beaucoup d’étudiants de choisir le plat pays pour étudier et une barrière de la langue inexistante, comme l’explique ce communiqué rédigé par Euroguidance (promotion de la mobilité et de la formation professionnelle en Europe).

Depuis une quinzaine d’années, cette pratique tend à se normaliser. Elle se développe même fortement. Entre 2015 et 2016, +6.6% des étudiants français ont choisi d’étudier à l’étranger. Elle ne touche d’ailleurs pas que la formation des vétérinaires mais toutes les études en santé. Nous verrons dans un prochain article quelles sont les causes de ce choix et les variations des compétences acquises à la sortie des formations données ailleurs en Europe et dans le reste du monde.

La parité Homme-Femme

Outre le pourcentage importants de vétérinaires formés à l’étranger, on remarque au fil des années une féminisation de la profession (pourcentage de femmes formées en France et à l’étranger en constante progression).

Bien que sur le nombre total de vétérinaires inscrit en France, la parité n’ait été atteinte seulement au début de l’année 2017, au sein de la jeune génération les femmes sont plus que majoritaire (73% des primo inscrits au tableau de l’ordre pour l’année 2016 (Atlas démographique 2017)).
La répartition entre hommes et femmes pour l’ensemble des vétérinaires est composée comme suit : une majorité d’hommes est présente dans la tranche d’âge de 40 à 70 ans et + et une majorité de femme dans la tranche d’âge 20 à 40 ans, ce qui explique cette parité assez récente.

Cette nouvelle configuration (dont nous aborderons pas ici les causes) de l’ensemble des vétérinaires et plus particulièrement des jeunes générations, pousse la profession, les statuts et l’organisation du travail à se réinventer. La montée du salariat tout comme l’arrêt prématuré de l’activité pour 20% des moins de 40 ans sont des signaux faibles qui forcent chacun des acteurs de l’écosystème de la profession à trouver les moyens (pour un bien ou un mal, à nous de faire pencher la balance du bon côté) pour rendre la profession plus attrayante et adapter son organisation aux besoins des jeunes générations.

Le choix de l’activité

A propos d’attractivité, nous pouvons observer une baisse significative des vétérinaires se consacrant exclusivement au soins des animaux de rente: -7.8% inscrits. Cette baisse est compensée par une augmentation des vétérinaires qui exercent une activité mixte à prédominance rurale. Sur ce thème je vous invite à consulter l’article “Véto bouse, pour le meilleur et pour le pire” du Vétoblog écrit par Marine Slove.

En résumé, la démographie actuelle des vétérinaires étayée par des chiffres met en lumière plusieurs mutations du secteur. A propos de la formation, la proportion importante de vétérinaires formés à l’étranger pose la question d’un quota peut être trop faible au vue des besoins du terrain. La féminisation du secteur introduit une organisation du travail en équipe rigoureuse dans les cliniques car malgré de gros effort (oui oui c’est de mieux en mieux) “la charge mentale” que représente l’organisation et la réalisation des tâches ménagères incombent encore majoritairement aux femmes, elles sont donc plus impactée par cette “charge” et doivent s’organiser davantage que les hommes pour combiner vie privée et vie professionnelle.
Enfin l’augmentation du nombre de vétérinaires exerçant une activité mixte et le développement d’une médecine vétérinaire spécialisée (imagerie, chirurgie, rééducation…) sont les signes d’un désir chez les jeunes praticiens de gagner en expertise et en spécialisation. La spécialisation permet à tout praticien de trouver de l’intérêt dans le traitement de cas plus spécifiques et diversifiés. En un mot, trouver du sens , des sources d’épanouissement et être pleinement acteur de son métier sont autant de critères importants pour les jeunes générations.Il n’y a pas que chez les vétérinaires que de tels enjeux se posent…

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *